PREMIERS PAS EN TURQUIE. (voyage de 3 semaines)
Parties à l'aventure ? Nous avons passé une nuit agitée dans le ferry entre Grèce et Turquie et de la simplicité pour relier l'étape suivante nous conviendrait bien! .... car nous ne savons pas trop comment relier Selçuk.
On sait juste qu'il faudra trouver le terminal des bus de Cesme où nous sommes.
Mais Miracle! et beaucoup plus simple : deux rabatteurs!
Ils nous fourrent prestement , moyennant 10 € chacune, dans un bus de tourisme. Nous rallions Izmir avec un groupe et une visite commentée en turc, berceuse qui nous endort sur les 150km de trajet. Les bougres, ainsi que le guide, ont fait un petit bénéfice : environ 5€ chacune... Petits joueurs ! nous on a réalisé un sacré gain de temps et de fatigue .
Izmir nous semble une ville bien chaotique d'après ses trottoirs encombrés, le marché bat son plein, la foule des passants nous oppresse ... Dur! Après la sérénité des Cyclades , retour à la vraie vie!
Et que dire de la peur que nous avons eu quand, au sujet d'un vol à l'étalage ( sans doute???) une bagarre s'est déroulée ( violents coups de bâtons sur les échines des combattants) . A quelques mètres près nous y participions involontairement!
Nous arrivons enfin à la gare et grâce au garde de l'entrée , nous attrapons notre train à la minute près!
Selçuk arrêt 3 nuits
Mignonne petite ville, tranquille, hôtel correct près du musée.
Le but ici est de visiter Ephèse et le très beau musée de Selçuk.
Cette petite ville ne manque pas d'atouts : la mosquée Isa Bey, la Citadelle, la Basilique Saint Jean, dont les ruines nous laissent deviner combien elle fut immense (construite au 6ème et détruite par Tamerlan au 15ème!) .
EPHESE : LE POMPEI TURC
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| Sophie, déesse de la sagesse |
La bibliothèque de Celsus est un bâtiment romain.
construite à partir de 117 , elle fut dédiée au gouverneur de la ville Celsius par son fils, Tibère, gouverneur lui aussi .
Pas moins de 12 000 rouleaux étaient conservés dans des placards en bois encastrés dans les murs, elle occupait le troisième rang des bibliothèques de l'époque après Alexandrie et Pergame.
Les Goths arrivent en 263, et l 'incendient , tout fut détruit ! les barbares!!!
Meurtre de la sœur de Cléopâtre à Éphèse
La ville d’Ephèse pourrait bien abriter un tout autre mystère. Elle aurait en effet été le théâtre d’un meurtre : celui d’Arsinoe IV, la demi-soeur de Cléopâtre, assassinée sur ordre de la reine d’Egypte.
Nous sommes en 49 avant J.C. Cléopâtre est alors en plein conflit avec son frère et époux Ptolémée XIII, mais également avec sa sœur Arsinoé. Au cœur de la dispute, la lutte de pouvoir et la posture à adopter face à un empire romain plus que jamais conquérant et qui finira tôt ou tard par dominer l’Egypte. Faut-il s’opposer à la soif de conquête de Rome ou bien au contraire tenter de l’amadouer ? Cléopâtre que Ptolémée XIII a envoyé en exil, était plutôt partisane de la seconde solution, (et plutôt amoureuse des romains ; d'abord César puis Marc -Antoine!)
Cet épisode est connu sous le nom de « guerre d’Alexandrie ».
Arsinoe parvint à s’échapper et elle rejoignit ses partisans qui la proclamèrent reine d’Egypte. Elle lança alors avec ses troupes une attaque contre le phare d’Alexandrie dont César avait pris possession. Il échappa de peu à la mort.
| la légende rapporte que Cléopatre s'est présentée nue à César , roulée dans un tapis ! |
Pourtant, la victoire d’Arsinoe fut de courte durée. Les renforts de l’armée romaine parvinrent jusqu’à Alexandrie et capturèrent la jeune reine. Symbole du triomphe de César, elle fut ramenée à Rome en 46 avant J.C.. César la fit défiler enchaînée devant le peuple romain. S’il ne la fit pas exécuter (Arsinoe n’était alors qu’une jeune fille et a pu susciter la pitié du peuple romain), elle aurait en revanche été bannie et envoyée en exil à Ephèse où elle trouva refuge dans le sanctuaire d’Artémis (déesse protectrice de la ville), auprès du grand prêtre . Le temple d’Artémis, septième merveille du monde de l’antiquité, était également connu pour abriter des exilés politiques.
Malgré tout, Arsinoe constituait toujours un danger potentiel pour Cléopâtre. En 41 avant J.C., la reine aurait obtenu avec l’aide de Marc Antoine (suite à la mort de César), qu’elle soit arrachée de cet asile pour être mise à mort.
| Marc Antoine et Cléopatre amants jusqu'à la mort |
Des analyses ont prouvé que des restes humains retrouvés dans une tombe en Turquie étaient bien ceux de la princesse Arsinoé IV, assassinée sur les ordres de la reine d'Egypte. Une étude de son crâne a montré qu'Arsinoé possédait des caractéristiques africaines, ce qui tendrait à démontrer que Cléopâtre avait également des origines africaines. (par sa mère?)
LES HABITATIONS EN TERRASSE
Ici Ephèse devient un "véritable" Pompéi quand on visite ces demeures somptueuses de l'époque romaine. richement décorées de mosaïques et de fresques . Elles furent bâties dès le 1er siècle av JC. De riches patriciens occupaient ces vastes maisons dont la plus prestigieuse mesurait 1400m2 ! Quel bonheur et quel émerveillement!
Avec des bas-reliefs d’Hercule sur les deux piliers principaux, cette porte à deux étages fut construite au IVe siècle. Elle servait, entre autres, à éviter que les chariots n’empruntent la voie des Curètes. Aujourd'hui on a du mal à la franchir car un photographe, stratégiquement posté là, tire le portrait des gogos, bras écartés entre les 2 piliers, figurant ainsi l'écartement des colonnes, un des travaux d'Hercule !
LE MUSEE D'EPHESE A SELCUK Une bien belle découverte pour compléter la visite du site archéologique puisque de nombreux objets et statues provenant de celui ci y ont été déposés.
ARTEMIS y trône en déesse.
Elle est la déesse de l'accouchement , de la Nature et des moissons , déesse de la chasse et des animaux sauvages.( Diane dans la mythologie romaine.) Elle est fille de Zeus et soeur jumelle d'Apollon.
Nous complèterons ce temps passé à Selçuk par une escapade à
Sirince, petite ville typique, toute mignonne et très touristique .
PETITE HISTOIRE de SIRINCE : Dans l’histoire ce village est connu sous le nom “d’Éphèse de la montagne”. Il aurait été fondé vers le 6/7ème siècle, peuplé par les gens qui ont dû abandonner la plaine suite à l’ensablement du port d’Éphèse par les alluvions que charriait le Méandre.
Au 14. siècle les habitants, esclaves grecs libérés par le seigneur local turc, ne voulant que personne ne vienne les déranger et ne pas attirer l’attention d’autrui sur la beauté de leur village, l’avaient appelé ”çirkince = laid” .
Suite à l'affrontement entre Grèce et Turquie, en 1924, la plus part des villageois d'origine grecque sont contraints à regagner la Grèce tandis que des turcs immigrent en Grèce, et s'installent dans ce village laissé un temps à l'abandon. On changea son nom en Sirince qui veut dire "mignon"!
LE VIN : ce village est également réputé pour ses vins . On peut y déguster du vin à la pastèque, à la mûre, à la pomme, à la fraise, à la poire, à la cerise, au melon …(moyen!)
PAMUKKALE LE CHÂTEAU DE COTON
Ce coup ci, après 4 bonnes heures de trajet nous atteignons Denizir puis prenons le Dolmus pour PAMUKKALE
Arrivées à notre hôtel nous sommes accueillies à bras ouverts par Mustapha et toute son équipe qui vu l'heure tardive ne nous espéraient plus.
Nous sommes d'humeur joyeuse et eux semblent apprécier mes plaisanteries. Ils sont d 'une incroyable gentillesse ce qui adoucit un peu les conditions très spartiates de notre logement. Cependant nous n'abuserons pas et quitterons nos amis( désespérés de nous voir partir! ) avec un jour d'avance.
Ceci dit leur petit établissement nourrit bien ses hôtes pour une poignée de livres et il est placé à 50 mètres de l'entrée du site. Bonne pioche!
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| le château de coton est un endroit propice à la méditation et ...à la prière semble-t-il! |
Ce site est constitué de tufières formées par les eaux chaudes qui s'écoulent de la montagne , certaines pouvant atteindre les 45°C, et saturées en gaz carbonique et sels minéraux. Le dioxyde de carbone au contact de l'air fait précipiter le carbonate de calcium contenu dans l'eau , lequel se dépose et durcit par évaporation . Nous traversons pieds nus ces diverses cascades pétrifiées , non sans redouter la glissade en ce qui me concerne. Après cet effort, modeste ceci dit, nous prendrons le temps de méditer devant cette merveille de la nature qui nous laisse sans voix!
Nous avons continué notre chemin , non sans mal, car la chaleur était vraiment écrasante, vers la sortie nord de Pamukkale et bien nous en a pris car de belles découvertes nous attendaient : c'est là que se trouve un imposant arc de triomphe, flanqué de tours, la porte de Domitien et une nécropole avec des tombeaux de différentes époques, hellénistiques et romaines.
KAS POURRAIT ÊTRE UNE CITE GRECQUE!
Direction Kas ,une jolie ville blanche, agrippée à la montagne , et qui a un air de déjà vu dans les Cyclades ....Nostalgie!
Nous passons agréablement le temps entre les balades dans ce joli endroit et une excursion pour longer la côte turquoise en bateau à la découverte d'une cité lycienne engloutie...dont on ne voit pas grand chose... Pour finir dans la petite île de Kaleköy
Il y a un mystère lycien : ce peuple du sud de la Turquie actuelle, sur l'origine duquel les sources s'avèrent contradictoires, a laissé une langue partiellement incomprise, des dieux qui ont des parentés en Anatolie mais aussi chez les grecs, (en référence à l'Illiade ). Hérodote nous dit qu'ils sont venus de Crète, on a découvert assez récemment leurs sites aux ruines étranges. . En tout état de cause ils ont laissé des tombeaux magnifiques, prouvant que cette civilisation avait une certaine importance .De nos jours il existe un chemin de grande randonnée, la voie Lycienne.
ANTALYA, PAS SI MAL, APRES TOUT....
ANTALYA elle aussi en bord de mer est une ville agréable, par forcément plaisante au premier abord vu les immeubles aux nombreux étages, ville moderne turque.
Nous logeons dans un hôtel de bonne gamme selon les normes turques. Nous remarquons que beaucoup de finitions laissent quand même à désirer : prises de guingois ou qui s' arrachent par manque de vis de fixation, lunettes de WC non adaptées, ici je finirai même avec la porte du placard dans mes bras,
La vieille ville d ANTALYA a beaucoup de charme et il est plaisant de la découvrir mais comme d' habitude les échoppes pour touristes sont très présentes
La visite du musée, un des plus vastes de Turquie, est passionnante.
J'ai été impressionnée et même... médusée ! La muséographie est magnifique , on n'éprouve aucune lassitude à se promener parmi toutes ces statues grecques ou romaines.
KONYA LA TURQUIE DES CROYANTS
Nous avons enfin compris qu'il n'y a pas que des petits cars (dolmus) qui roulent d' une ville à l'autre et s' arrêtent à tout bout de champ. Nous prenons un gros bus bien confortable , un gentil monsieur nous désinfecte les mains , nous apporte à boire et quelques gâteaux. Nous le nommerons affectueusement notre hôtesse de l'air. Ah! si Flixbus pouvait en faire autant!
Le paysage que nous traversons est assez désertique, ponctué de champs de pommiers, et d' immenses lacs.
Au fur et à mesure du trajet nous voyons la température baisser de 15 degrés c 'est l'automne et il pleut en arrivant à Konya. Consolation, un hôtel luxueux , chambre 35m2, petits déjeuners somptueux.
Nous abandonnons nos valises au plus vite dans la chambre et prenons un taxi pour aller assister à la cérémonie des derviches tourneurs
Le lendemain nous complèterons notre formation en soufisme à la mosquée-musée Mevlavi
Konya, une bien intéressante découverte .
Cette ville pratique un islam très rigoriste par rapport aux villes que nous venons de visiter.
C 'est la Turquie de l'Anatolie, la Turquie profonde.
Impossible de parler de Konya sans évoquer MEVLANA (RUMI) et le SOUFISME qui est un courant de l'Islam. J'avais vu aussi en Iran le tombeau d'un maître du soufisme, ce courant est répandu dans le monde y compris en Asie.
Mevlana nait ...en Perse (Iran) en 1207, mais fuit l'arrivée des Mongols , se réfugie à Konya et devient un théologien célèbre, prêchant une religion de compassion et de tolérance. Pour approcher Allah, il instaure une forme de méditation basée sur la danse giratoire, le SEMA, pratiquée par les derviches tourneurs.
Un séjour à Konya est évidemment l’occasion rêvée pour assister à une cérémonie de derviches tourneurs! A Konya, on est dans le fief des derviches mevlevi ! Et pour rien au monde je n'aurais raté un tel moment d'émotion et de fascination !
Repris en choeur, le chant mystique se double d’une chorégraphie rituelle. Celle-ci peut évoquer la ronde cosmique des étoiles, à la manière des fameux derviches tourneurs.
LA CAPPADOCE
GOREME
Arrivées dans cette petite bourgade nous trouvons un lieu sale, poussiéreux et entièrement défoncé. De gros travaux pour refaire toutes les conduites de gaz!
De plus l'auberge de jeunesse est au diapason . Franchement pas engageant notre début en Cappadoce! il s'avèrera qu'après quelques déboires et âpres négociations nous serons bien dans cette auberge que je qualifierais de familiale grâce au cuisinier et à la serveuse/ femme de ménage ...qui furent si enjoués et adorables que nous sommes presque parties à regret!
Et heureusement qu'ils étaient là pour mettre de l'animation, car l'ensemble de jeunes hôtes ne trouvaient de bonne compagnie que dans leurs téléphones!
Le paysage exceptionnel de la Cappadoce est le résultat de l'évolution des roches au cours des millénaires.
Il y a environ 60 millions d'année la chaîne montagneuse du Tauro s'élevait , à la même époque que les Alpes, formant de nombreux ravins et dépressions. Il y a 10 000 ans une activité volcanique dans la région remplit ces dépressions de magma et de roches volcaniques. Cette région devint donc un plateau élevé, mais les roches volcaniques ne furent pas très résistantes à l'érosion due aux pluies et au vent. L'eau s'infiltra et éroda les roches. Le tuf volcanique très tendre, se désagrégea totalement pour former une plaine poussiéreuse. Sur les reliefs pentus, l'érosion créa des canyons, cônes, pitons, cheminées et autres formation typiques de la région.
C'est dans certaines de ces excavations que des moines byzantins s'installèrent entre le 8e et le 13e siècle, créant de nombreux monastères et églises rupestres peintes de fresques.
Les 150 sites préservés permettent d'étudier assez précisément l'évolution artistique de l'église orientale. Les musulmans n'ont pas transformé ces églises en mosquées puisqu'elles de sont pas orientées vers la Mecque comme elles le sont traditionnellement.
5 JOURS à ISTANBUL
Une petite heure d'avion nous séparait de la capitale de la Turquie... ou une nuit de bus, le choix ne fut pas cornélien et nous arrivâmes à Istanbul sans aucune fatigue. Un bus au sous-sol de l'aéroport semblait nous attendre pour nous conduire au centre ville.
L'habitat à Istanbul est fort cher, cependant nous avons trouvé un Rbn'b à prix correct et spacieux dans un quartier assez central, mais comme rien n'est parfait au 4ème sans ascenseur!
Les visites se sont enchaînées, Sainte Sophie , impressionnante de beauté, , l'incroyable Citerne Cathédrale, Topkapi, le palais que je rêvais de visiter depuis si longtemps !
La mosaïque du tympan de l'entrée fut redécouverte lors des restaurations en 1849. On peut encore l'admirer mais jusqu'à quand puisque Sainte Sophie est devenue une mosquée? D'ailleurs la plupart de l'iconographie chrétienne est cachée derrière de vilains panneaux noirs calligraphiés, (des versets du Coran?)
Ici, la Vierge est assise sur un trône sans dossier décoré de pierres précieuses. L'Enfant Jésus est assis sur ses genoux, donnant sa bénédiction et tenant un rouleau dans sa main gauche.
Les empereurs Constantin et Justinien l'entourent. Constantin, en costume de cérémonie, présente à Marie un modèle de la ville. L'inscription à son côté dit : « Constantin, le grand basileus parmi les saints ». L'empereur Justinien, offre un modèle de Sainte-Sophie, avec l'inscription : « Justinien, le basileus digne d'être chanté ». Les médaillons, des deux côtés de la tête de la Vierge, portent les monogrammes « MP » et « ΘY », abréviation de « Mère de Dieu ».
Petite anecdote choquante pour la femme française et laïque que je suis : dans la Mosquée de Sainte Sophie (Mosquée par la grâce d' Erdogan), se tiennent de façon hebdomadaire des conférences données par des imams . En cercle, des hommes écoutent sans doute des commentaires sur le Coran et prennent religieusement des notes. Je fais le tour du pilier et je vois des femmes bien cachées ,reléguées dans ce petit coin, inconfortablement assise par terre, vêtues de tchador et hidjab, noirs bien sûr, prenant à l'abri des regards ces mêmes notes et écoutant modestement le maître .
Je dois dire que j'enrage quelque peu de voir la condition féminine dans les pays musulmans !
LE TOPKAPI ET SES MYSTERES , TOUT L'ORIENT DE MON IMAGINAIRE
Tel qu'il se présente à nous, le palais impérial qui fut le centre de l'empire ottoman et qui porte le nom inattendu de Topkapi (Porte des Canons), du nom d'un pavillon du XVIIIe siècle d'ailleurs disparu, est un ensemble hétéroclite de constructions de plus en plus nombreuses et resserrées au fur et à mesure qu'on approche de la pointe, au-delà de la troisième cour. À part les cuisines de Sinan, admirablement rythmées, et quatre ou cinq kiosques et pavillons fort gracieux, l'ensemble ne présente guère de grandes beautés architecturales et vaut surtout pour son décor souvent refait, dont les meilleurs morceaux datent des XVIe-XVIIIe siècles. À l'ouest, construit sur une forêt de piliers, le harem, plein de couloirs obscurs, de cours exiguës, d'escaliers dérobés, de petites salles, est un enchantement et l'œil ne cesse de s'y émerveiller des jeux des formes et des couleurs, des lambris dorés, des céramiques lustrées à touche de rouge, des délicates peintures, des marbres et des vitraux à vergettes de plâtre aux teintes vives. C'est l'habitation privée du souverain depuis le milieu du XVIe siècle, une sorte de lieu secret et mystérieux qui, pendant les siècles de la grandeur ottomane, ne cessa pas d'enflammer les imaginations. On le savait peuplé de centaines de femmes – et il y eut en effet jusqu'à mille cinq cents ! – qu'on se plaisait à voir belles et voluptueuses, comme si dans le harem on ne vieillissait pas, occupées uniquement à jouer de la musique, à plaire au maître, à manger des loukoums et sur lesquelles veillait une armée d'eunuques, énormes, difformes, beaux encore, malgré tout, quand ils étaient blancs, affreux quand ils étaient noirs. Qui y avait pénétré était destiné à y vivre. Les musiciens y donnaient leurs concerts les yeux bandés. Quand des hommes y étaient appelés pour quelque raison, les eunuques prenaient soin de verrouiller les femmes. Quand les ouvriers et les décorateurs y travaillaient, on condamnait une partie du palais. Qui osait en parler ? Lady Mary Montagu, femme d'un ambassadeur britannique, la rivale anglaise de Mme de Sévigné dont les lettres publiées en 1764 eurent un immense succès, avait été reçue au harem impérial en mai 1720 par la favorite du défunt padisha Mustafa II. C'est une heureuse et insigne exception. Ce voile épais qui recouvrait un des plus puissants souverains du monde n'était-il pas propice à ce que naquissent les rêves et les plus folles fantaisies ?
On ne sait pas encore maintenant toute la réalité et on ne le saura sans doute jamais. Mais on y voit tout de même plus clair et il faut déchanter. Le harem de Topkapi ne fut ni un grand lupanar ni un conte des Mille et Une Nuits. Il fut rarement une chambre d'amour – on cite le sensuel Mourad III (1574-1595) comme un cas – ou un lieu de délices – le règne d'Ahmet III (1703-1713) épris de musique, de poésie, de fleurs et de divertissement demeure une exception. Ce fut plutôt un cloître sévère où la vie était très strictement réglée, tatillonne et plus souvent peut-être encore un véritable univers carcéral d'intrigues, de complots, de crimes, voire d'horreurs. Un fou comme Ibrahim (1640-1646) put ordonner à la suite d'une nuit d'orgie qu'on cousît dans des sacs et jetât à la mer tout son harem pour le seul plaisir de pouvoir en changer. Il y avait en moyenne quelque cinq mille employés à Topkapi. Sous Murad III, dans la seconde moitié du XVIe siècle, on recensa 1 147 cuisiniers et aides de cuisine : ils apportaient les plats à la porte du harem. Les janissaires demeuraient dans la première cour. Les palefreniers étaient aux écuries ; seul le padisha pouvait passer à cheval la porte du palais. Les vizirs eux-mêmes n'avaient accès qu'à la salle du trône et à celle du conseil des ministres (Kubbe Alti). Dans le harem vivaient bon an mal an environ six cents femmes, les djariye, que nous ne pouvons nommer ni concubines, car elles n'avaient pas nécessairement des relations sexuelles avec le maître, ni esclaves, puisque tous les sujets de l'empereur étaient censés l'être. Il en venait de partout, données en cadeau par les grands, capturées lors des campagnes militaires ou achetées quand elle étaient petites filles ou adolescentes. Quand elles étaient entrées au palais, elles recevaient une éducation soignée. On leur enseignait le turc, la musique, la danse, le chant, les arts d'agrément et, quand elles en manquaient, les bonnes manières.
Vivant en communauté absolue, couchant en dortoirs, elles étaient soumises à un emploi du temps minutieux et dépendaient d'une hiérarchie dominée par le Kiziar agasi, le « prince des filles », et par la Valide, la Reine-Mère, toute puissante au palais. Les occasions de réjouissance manquaient, les seules fêtes étaient célébrées pour le mariage des filles du sultan, pour les naissances des princes et princesses impériales et pour les solennités de l'islam. Le maître ? Elles ne le voyaient presque jamais et ses caprices amoureux étaient rares. Pour qu'une nouvelle venue sortît de l'anonymat, il fallait qu'elle fût remarquée par l'Aga ou par la Valide qui pouvaient alors l'affecter à leur service ou la présenter au souverain. Si celui-ci lui portait attention, elle devenait favorite, gözde, (« dans l'œil ») quittait le bâtiment commun du rez-de-chaussée, recevait une suite au premier étage et des servantes. Séjour souvent éphémère ! Qu'elle ne fût pas appelée très vite à partager la couche impériale, elle rétrogradait, cette fois sans espoir et pour toujours ; elle ne quitterait Topkapi qu'à la mort du padisha pour une autre prison, celle où l'on reléguait le harem du disparu pour faire place à celui du nouvel élu. Aux périodes les plus sombres, une fois entrée à Topkapi, une femme n'en sortait plus que par la porte des morts, une petite issue discrète conduisant au cimetière ; aux plus souriantes, les déplacements de la cour en résidence d'été permettaient un voyage en voiture ou en bateau soigneusement grillagés. Et pourtant on intriguait, on rivalisait pour entrer au harem ! Il était exceptionnel que le sultan épousât une de ses concubines. Soliman le Magnifique l'avait fait au grand étonnement de son peuple. Le dernier à se marier fut Ibrahim (1640-1648). Roxelane, la Slave épouse de Soliman, et plus encore la Vénitienne Baffa, épouse de Mourad III (1574-1595), d'autres encore, pendant près de cent ans, eurent une influence exécrable sur les souverains. Dès le milieu du XVIIe siècle, les femmes ne pouvant plus espérer régner comme épouses mirent toute leur ambition à le faire comme mères. Quand la favorite (gözde) devenait concubine (kadin, « dame ») et mère, en triomphant de tous les obstacles, on cherchait à la discréditer, à la faire avorter, à tuer son enfant nouveau-né ; elle devait se livrer aux pires intrigues pour conduire son fils jusqu'au trône. Il n'y avait pas chez les Ottomans de règle de succession avant qu'au XVIIIe siècle il fût décidé que le pouvoir reviendrait au représentant le plus âgé de la dynastie. Ainsi fut appliquée de 1389 à 1603 la coutume du fratricide d'État : loi terrible qui obligeait tout nouveau padisha à faire exécuter ses frères et ses neveux, mais loi efficace qui évita à l'empire les guerres civiles. On le vit bien quand, par hasard, elle ne fut pas appliquée, comme avec le prince Djem, le Zizim de nos chroniqueurs, frère de Bajazet II (1481-1512) réfugié en Europe occidentale et qui finit victime des Borgia. L'ampleur de l'hécatombe à l'avènement de Mehmet III (1596) qui fit jeter dans le Bosphore sept concubines enceintes et immola ses dix-neuf frères auxquels, navré, il fit construire un somptueux tombeau dans les jardins de Sainte-Sophie et où il voulut à son tour reposer, amena son abolition en 1603. Ce fut pire. Les princes furent enfermés dans la « cage » (kafes) un appartement assez douillet dont ils ne pouvaient sortir. On les tirait, hagards et hébétés, quand ils étaient appelés au pouvoir suprême. Ils y avaient pris leurs habitudes.
Soliman II qui y passa près de quarante ans à prier et à recopier le Coran y était tellement à son aise qu'il ne cessa jamais d'y revenir périodiquement. Sur cet univers concentrationnaire veillaient les eunuques. Il semble que ceux-ci aient été introduits à la cour ottomane au début du XVe siècle comme cadeaux des Byzantins. Ils allaient y connaître une grandiose carrière. Il y en eut jusqu'à six cents, des blancs d'abord, Circassiens et autres ; puis, à partir de 1485, des noirs et après 1550 uniquement des noirs : les blancs supportaient mal la castration et la beauté de ces infirmes les rendait quelque peu suspects. Le chef des eunuques noirs, le kizlar agasi, avait rang de pacha, trois cents chevaux, autorité sur les hallebardiers du palais, sur plusieurs ministres, notamment le grand trésorier et seul il pouvait aborder le padisha de jour comme de nuit. C'était un des premiers personnages de l'empire, ce qui se révéla désastreux.
Une Française dans le sérail : la cousine de Joséphine de Beauharnais,(lire la nuit au sérail de Michel de Grèce)
Était-il pire encore que les kadin et les Valide ? On ne sait : tous ces gens étaient affreusement sinistres. Ce fut pourtant une Valide qui, indirectement au moins, par son fils, mit fin aux sombres sortilèges du harem. Aymé Dubucq de Rivery, issue d'une famille normande installée en Martinique et cousine de la future Joséphine de Beauharnais, était née en 1763. Comme toutes les jeunes filles de bonne souche, elle avait été envoyée en pension dans un couvent de France et elle y avait vécu de douze à dix-huit ans. C'était une personne extrêmement belle, de parfaite éducation et d'une intelligence rare. Comme elle s'en retournait aux îles, le vaisseau qui la portait fut capturé par un corsaire d'Alger qui l'offrit à son prince, le dey. Celui-ci, ébloui et voulant faire sa cour à Constantinople, l'envoya au sultan. C'était l'époque où tout ce qui était français jouissait d'un immense prestige. La beauté, les manières, l'esprit d'Aymé firent le reste. Elle gravit vite et paisiblement les échelons qui conduisent au pied du trône. Elle donna naissance ou adopta et éleva, on ne sait, celui qui allait devenir Mahmud II le Réformateur (1808 1839) et devint Valide. Elle avait quarante-cinq ans. Elle mourut neuf ans plus tard, en 1817, entre les bras de Mahmud sanglotant et ceux d'un religieux français qu'elle avait appelé. On lui a accordé sans doute plus qu'elle n'a fait. Mais l'amour immense que lui porta son fils ne peut pas avoir été sans qu'il subît son influence. Ce ne fut pas le dernier événement que connut Topkapi. Mais le crépuscule était tombé sur lui. Il appartenait déjà au passé. La vie n'y était plus la même...
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| vue d'Istanbul du Topkapi |

LA CITERNE BASILIQUE
La citerne Basilique a été construite au 6ème siècle sous l’ère de l’Empereur Byzantin Justinien, à l’emplacement d’une ancienne basilique . De forme rectangulaire, la citerne mesure 138m de long et 64.6m de large pour une capacité de stockage de 78 000 m3 . C’est tout simplement la plus grande citerne de la capitale byzantine. A l’intérieur, on compte 12 rangées de 28 colonnes de marbre, soit un total de 336 colonnes.
Colonne à tête de Méduse
Utilisée comme socle pour les 2 colonnes du fond on n’en connait pas la raison. Il est probable que ce soit du réemploi d’anciens monuments d’époque romaine, mais pourquoi l’une est-elle retournée tête en bas et l’autre tête sur le côté? Raison mystique ou technique? On ne saura peut-être jamais.
Médusa, est une très jolie jeune fille dont le Dieu Poséidon tombe amoureux et la viole dans le temple de la Déesse Athéna. En colère , Athéna punit la pauvre Médusa!!! en transformant ses jolis cheveux en têtes de serpents . Désormais son regard pétrifiera tous ceux qui la croiseront . Une autre variante de cette jolie histoire serait qu’il n’y a pas eu viol mais simplement que Médusa disait qu'elle était plus belle qu’Athéna. Toujours est-il que pour Médusa la fin reste la même!
UN SUPERBE TOUR SUR LE BOSPHORE
J'ai vraiment apprécié la croisière sur le Bosphore , journée complète à un rythme lent , pour m'imprégner de ces belles images de bord de fleuve, anciens palais, mosquées, vie maritime, etc...
Le Bosphore est le détroit qui relie la mer noire à la mer de Marmara et marque la limite méridionale entre les continents asiatique et européen. Long de 32 kilomètres pour une largeur allant de 698 à 3 000 mètres, il sépare les deux parties anatolienne (Asie) et rouméliote (Europe) de la province d'Istanbul
En conclusion, et bien que j'ai eu un gros coup de coeur pour les Cyclades, la Turquie m'a enchantée, car on a choisi des lieux très divers , d'une grande beauté et culturellement extrêmement riches .
Je rêvais depuis très longtemps de visiter Ephèse et la Cappadoce, de voir les derviches tourneurs, ce qui est mystique m'impressionne toujours, je n'ai vraiment pas été déçue, sauf par la nourriture que je n'ai vraiment pas appréciée ! Quant à Istanbul , cette ville recèle des trésors et mérite plus que 5 jours ! ce n'est donc qu'un au revoir et à bientôt !
HEUREUSE MARTINE QUI A (ENCORE ) FAIT UN BEAU VOYAGE !























































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